


En un coup d’œil
| À voir aujourd’hui | Les grands arbres venus du monde entier · la statue de Berthollet · un cadran solaire à plusieurs faces · la vue sur le lac et le pont des Amours |
|---|---|
| À faire (gratuit) | Balade, pique-nique sur un banc, observer les arbres en automne, regarder les cygnes |
| L’histoire en une phrase | Un pré marécageux devenu jardin clos des visitandines, puis parc public à l’anglaise derrière l’hôtel de ville |
| L’expérience | Une pause à l’ombre entre la Vieille Ville et le lac |
| Pour qui | Familles, couples, promeneurs, amateurs d’arbres, tous les âges |
| Durée | Le temps d’une promenade |
C’est le parc que tout le monde traverse entre la Vieille Ville et le lac. On y vient pour l’ombre, les bancs, les cygnes et la vue sur le pont des Amours.
Peu de promeneurs savent que pendant un siècle et demi, ce jardin était fermé au public. Il appartenait aux religieuses de la Visitation, entouré d’un mur de plus de 4 mètres de haut. On y accédait par un pont couvert, depuis le monastère.
Voici comment ce pré au bord de l’eau est devenu les jardins de l’Europe, et ce qu’il faut y regarder.
Dans cet article
Le pré Lombard, une île entre deux eaux
Avant d’être un jardin, c’est un pré. On l’appelle le pré Lombard, ou clos Lombard. C’est une île, entourée par le Thiou, le Vassé et un fossé au pied des remparts, appelé la Grenouillère. Le Vassé et les canaux sont racontés dans notre article sur les canaux d’Annecy.
En 1602, la famille des Genevois-Nemours, alors maîtresse d’Annecy, achète ce terrain au président de la Chambre des comptes de Genevois, Louis Floccard. Le pré est encore en dehors de la ville.
1644 : le jardin clos des visitandines
Le premier monastère de la Visitation, au bord du Thiou, n’a aucun espace vert, coincé contre les remparts. En 1644, le duc de Genevois-Nemours, Charles-Amédée de Savoie, offre le pré Lombard aux religieuses.
Elles en font un jardin d’agrément, avec des allées plantées de saules et de peupliers. Elles le ferment par un mur de plus de 4 mètres de haut et de 770 mètres de long. Au centre, elles bâtissent un petit oratoire dédié à la Sainte Famille.
Pour y aller sans sortir de la clôture, elles lancent en 1648 un pont couvert en bois au-dessus de la Grenouillère : le pont de Nazareth, relié à une tour des remparts par un pont-levis. Ces détails sont donnés par l’historien Christian Regat, dans sa brochure sur la Visitation.
Le monastère, et son église qui existe toujours, sont racontés dans notre article sur l’église Saint-François-de-Sales.
Le XIXe siècle : un parc public à l’anglaise
La Révolution fait disparaître le monastère de la Visitation. Au XIXe siècle, la ville transforme le quartier. On comble la Grenouillère. Sur l’ancien pré, on construit l’école du quai Jules-Philippe et l’hôtel de ville, achevé vers 1855. Derrière, on aménage un grand parc à l’anglaise : les actuels jardins de l’Europe.
« À l’anglaise », cela veut dire des allées courbes, des pelouses, des groupes d’arbres, plutôt que les lignes droites d’un jardin à la française. Le parc est conçu comme un arboretum : on y plante des arbres venus du monde entier.
Ce que vous traversez aujourd’hui, c’est donc l’ancien jardin secret des religieuses, ouvert à tous.
Les arbres à reconnaître
Ce sont les vraies vedettes du parc.
- Les séquoias géants, originaires de Californie, avec leur écorce rousse et spongieuse.
- Le ginkgo biloba, un arbre très ancien venu d’Asie, aux feuilles en éventail. En automne, il devient jaune d’or.
- Le tulipier de Virginie, venu d’Amérique du Nord, dont les fleurs rappellent des tulipes.
Venez en automne : les couleurs du parc sont spectaculaires, entre le jaune des ginkgos et le roux des grands feuillus.
Berthollet, le chimiste de la Javel
Près de l’hôtel de ville se dresse la statue de bronze de Claude-Louis Berthollet. Né à Talloires, au bord du lac, en 1748, ce chimiste est célèbre pour ses travaux sur le chlore et le blanchiment des tissus : c’est de là que vient l’eau de Javel.
La statue est l’œuvre du sculpteur Marochetti. Elle est inscrite aux monuments historiques depuis le 25 mars 2016.
Regardez derrière lui : un grand ginkgo encadre souvent la statue sur les photos. Le savant et l’arbre le plus ancien du parc, côte à côte.
Le cadran solaire à plusieurs faces
Dans le parc, un drôle d’objet de pierre attire les curieux : un cadran solaire à plusieurs faces, qui pointent dans des directions différentes. On y lit des chiffres romains, le mot « oriental », des « cadrans polaires », et une petite phrase gravée près d’une figure ailée : « une… de plus… une… de moins… ». Les cadrans solaires portent souvent ce genre de devise sur le temps qui passe.
Tournez autour : selon l’heure et le côté éclairé, ce n’est pas la même face qui donne l’heure.
L’île des Cygnes et le pont des Amours
Depuis le bord du parc, on voit la petite île des Cygnes et le pont des Amours, qui relie les jardins au Pâquier. Leur histoire, des premiers cygnes offerts au XIXe siècle aux trois ponts successifs, est racontée dans notre article sur le pont des Amours.
À savoir avant d’y aller
- Prix moyen : gratuit.
- Durée : le temps d’une promenade, d’une pause ou d’un pique-nique.
- Meilleure période : l’automne pour les couleurs, l’été pour l’ombre des grands arbres.
- Niveau physique : aucun, le parc est plat.
- Avec enfants ? : oui, avec les cygnes, les grands arbres et le cadran solaire.
- PMR, poussette ? : le parc est plat, avec de larges allées.
- Toilettes ? : des toilettes publiques sont signalées aux jardins de l’Europe sur la carte de la ville.
- Parking ? : parking de l’Hôtel de Ville, tout proche.
Depuis Annecy : Derrière l Hôtel de Ville, à pied depuis la Vieille Ville.
Est-ce que ça vaut le coup ?
- Pour les enfants ? Oui. De l’espace, des cygnes, des arbres géants et un cadran solaire à décoder.
- Combien ça coûte ? Rien.
- Quel est le meilleur moment ? Le matin tôt en été, ou en fin d’après-midi en automne pour la lumière dans les feuillages.
- Y a-t-il beaucoup de monde ? En été, oui, c’est un passage entre la ville et le lac. Les bancs du fond du parc restent plus calmes.
- Et si c’est plein ? Traversez le pont des Amours et continuez sur le Pâquier, plus vaste.
Une demi-journée entre les jardins et le lac
- Le matin : l’église Saint-François-de-Sales, ancien premier monastère, puis les jardins, en pensant au mur et au pont de Nazareth des religieuses.
- Le midi : pique-nique sur un banc, puis une glace au Cornet d’Or, tout proche du pont des Amours.
- L’après-midi : le pont des Amours, puis le Pâquier et le bord du lac.
- Plan B en cas de pluie : les églises de la Vieille Ville, toutes proches. Le soir, l’Histoire d’Annecy de l’historien Paul Guichonnet complète la journée.
Vous préférez qu’on vous raconte Annecy en marchant ? Des visites guidées se réservent en ligne.
Mon conseil AnnecyPocket : placez-vous près de l’hôtel de ville, face au parc, et imaginez un mur de 4 mètres de haut tout autour. Puis cherchez le ginkgo derrière Berthollet : en automne, c’est la plus belle photo du parc.
Selon votre profil
- En famille : trois missions. Trouver le ginkgo aux feuilles en éventail. Lire l’heure sur le cadran solaire. Compter les cygnes autour de l’île.
- En couple : un banc face au lac en fin de journée, puis le pont des Amours.
- Pour les passionnés d’histoire : gardez quatre dates en tête : 1602 (le pré des Genevois-Nemours), 1644 (le jardin des visitandines), 1648 (le pont de Nazareth), vers 1855 (l’hôtel de ville et le parc).
À proximité
- GlacierLe Cornet d'Orprès du pont des Amours
- À voirPont des Amoursau bout du parc
- À voirÉglise Saint-François-de-Salesancien premier monastère, tout proche
- À voirLe Pâquierde l autre côté du pont
- HébergementImpérial PalaceAnnecy, à 1,2 km à vol d’oiseau
Dormir près des jardins de l Europe
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Questions fréquentes des voyageurs
Les jardins de l’Europe d’Annecy sont-ils gratuits ?
Oui, c’est un parc public, gratuit, situé derrière l’hôtel de ville, entre la Vieille Ville et le lac.
Quels arbres voit-on aux jardins de l’Europe ?
Des arbres venus du monde entier, dont des séquoias géants, des ginkgos et un tulipier de Virginie. Le parc a été pensé comme un arboretum.
Pourquoi les jardins de l’Europe étaient-ils fermés autrefois ?
De 1644 à la Révolution, le terrain, alors appelé pré Lombard, appartenait aux religieuses de la Visitation, qui l’avaient entouré d’un haut mur.
Qui est la statue des jardins de l’Europe ?
Claude-Louis Berthollet, chimiste né à Talloires, connu pour ses travaux sur le chlore à l’origine de l’eau de Javel. La statue est de Marochetti.
Peut-on pique-niquer aux jardins de l’Europe ?
Oui, les bancs et l’ombre des grands arbres s’y prêtent. Pensez à repartir avec vos déchets.
Pour aller plus loin
- Dans le même esprit : Le Pâquier
- Autour des jardins : Le Thiou
- Alternative : L’Impérial Palace
- Toute la rubrique : Les monuments
Conclusion
Les jardins de l’Europe ont l’air d’avoir toujours été là, ouverts à tous. C’est l’inverse. Ce pré au milieu de l’eau a été le jardin secret de religieuses cloîtrées, fermé par un mur et relié à leur monastère par un pont couvert. Il a fallu la Révolution et un siècle de travaux pour qu’il devienne le parc que l’on connaît. La prochaine fois que vous vous assiérez sur un de ses bancs, imaginez le mur : vous êtes de l’autre côté.
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