



En un coup d’œil
| À voir aujourd’hui | Le Thiou au pied du Palais de l’Île · le pont du passage de l’Évêché · l’île Saint-Joseph · la cascade des Forges de Cran |
|---|---|
| À faire | Parcours libre et gratuit le long de la rivière · visite guidée de la Vieille Ville |
| L’histoire en une phrase | La sortie du lac, devenue moteur des moulins, des boucheries puis des usines d’Annecy |
| L’expérience | Passer de la carte postale à la rivière-usine en une balade |
| Pour qui | Curieux d’histoire, familles, couples, promeneurs avec chien |
| Durée | 1 h 30 pour le parcours de la Vieille Ville, une demi-journée jusqu’à Cran |
Tout le monde a déjà vu le Thiou. C’est l’eau verte qui coule au pied du Palais de l’Île, celle qu’on photographie depuis le pont Perrière. Mais très peu de visiteurs savent où elle va ensuite. Et encore moins ce qu’elle a fait pour la ville.
Le Thiou à Annecy n’est pas un simple canal de décor. C’est une vraie rivière, courte et pressée, qui sort du lac et file vers le Fier. Pendant des siècles, elle a fait tourner des moulins, emporté les déchets des bouchers, alimenté une filature de 450 ouvriers et des papeteries entières.
Alors on va la suivre. Du lac jusqu’à sa dernière cascade, en regardant ce qu’elle a laissé derrière elle.
Dans cet article
Le Thiou, c’est quoi exactement ?
Le Thiou est la rivière d’environ 3,5 kilomètres qui vide le lac d’Annecy dans le Fier, la grande rivière qui coule à l’ouest de la ville. On le présente souvent comme l’une des plus courtes rivières de France.
Il ne sort pas du lac d’un seul trait. Il reçoit son eau par deux bras : le Port, au bout des quais, et le canal du Vassé, celui du Pont des Amours. Il traverse ensuite la Vieille Ville, longe le rocher du Crêt-du-Maure et le socle calcaire du Palais de l’Île, puis file vers Cran-Gevrier. C’est là qu’il retrouve le Fier.
En route, il ne reçoit qu’un seul affluent : l’Isernon, un ruisseau qui le rejoint sur sa rive gauche, à environ un kilomètre du lac.
Et son nom ? Personne n’en est sûr. Une piste le rattache à un nom germanique, Theodulphus. Une autre, souvent jugée plus solide, le fait venir du latin tiola, la tuile, en lien avec le lieu-dit la Thiolière, où l’on tirait l’argile. Retenez surtout que le nom est très ancien, et qu’il reste une énigme.
Comment il se divise en canaux dans la Vieille Ville, à quoi servait chacun, et comment on les a domptés : c’est toute l’histoire des canaux d’Annecy. Ici, on s’intéresse à la rivière elle-même, et à ce qu’elle a fait tourner.
Une rivière qui descend : pourquoi tout le monde voulait ses berges
Voici le détail qui change tout. Le Thiou ne coule pas à plat. Dans son dernier kilomètre, avant de rejoindre le Fier, il descend d’environ 22 mètres.
Une rivière qui sort d’un grand lac a de l’eau même en été, quand elle baisse. Une rivière qui descend a de la force. Le Thiou avait les deux. Pour un meunier, un forgeron ou un tanneur du Moyen Âge, c’était une énergie gratuite, juste devant la porte.
Les registres de l’administration des comtes de Genève, au XIVe siècle, en gardent la trace : moulins, battoirs et forges se serrent le long de l’eau. Chaque mètre de berge a un usage, et un prix. On détaille ces métiers dans notre article sur la force hydraulique des anciens artisans.
Ce qui se voit encore : en aval de la Vieille Ville, cherchez les endroits où l’eau se brise sur un seuil. Certains sont d’anciens barrages d’usine, comme celui de l’Île aux Vannes, à Cran-Gevrier, qui barre toujours la rivière.
Le boucher, le poisson et la salle de spectacle
Placez-vous sur le petit pont du passage de l’Évêché, entre la cathédrale et le Palais de l’Île. Il ne reste rien du bâtiment qui se dressait là. Pourtant, depuis au moins le XIVe siècle, c’est ici que la ville tuait et vendait sa viande.
Le bâtiment des bouchers tenait des deux côtés de l’actuel pont. Au rez-de-chaussée, une grande halle. Dessous, deux arches laissaient passer le Thiou. Et dans le plancher, des trous : on y jetait les déchets directement dans la rivière, qui les emportait hors de la ville.
Les habitants avaient trouvé la parade. Juste en aval, ils tendaient des filets de pêche. Les poissons, attirés par ces déchets, y grossissaient bien. Rien ne se perdait.
La Ville encadrait sévèrement le métier : prix fixés, interdiction de tuer une bête malade, pas de viande vendue pendant le Carême, sauf aux personnes fragiles.
Au début du XIXe siècle, les boucheries du pont sont en mauvais état. En 1824, la Ville décide d’en construire de nouvelles un peu plus loin, près du point où le Vassé rejoint le Thiou. L’architecte Thomas-Dominique Ruphy dessine le bâtiment, inauguré en 1833.
Ce bâtiment existe toujours. C’est aujourd’hui la salle Pierre Lamy, où l’on va voir des spectacles. L’abattoir n’y est pas resté longtemps : le lieu était trop petit, les voisins se plaignaient des odeurs, et l’on tuait et découpait dans la même pièce. À partir de 1850, des bouchers indépendants peuvent ouvrir boutique en ville. Et en 1893, le conseil municipal décide de construire un nouvel abattoir plus en aval, au quartier de la Mandallaz.
La prochaine fois que vous prendrez une place à la salle Pierre Lamy, vous saurez ce qu’elle a été.
La Manufacture : quand le Thiou devient une usine
En 1804, Annecy change d’échelle. Jean-Pierre Duport, un négociant lyonnais né à Termignon, en Maurienne, rachète l’ancien couvent des Clarisses, devenu bien national à la Révolution. Il y installe une filature de coton. Le moteur, c’est le Thiou.
Un an plus tard, en 1805, la Manufacture d’Annecy emploie 450 ouvriers, surtout des femmes et des enfants. Les plus petits sont « rattacheurs » : ils se glissent sous les machines en marche pour renouer les fils cassés. Un travail très dangereux.
Sous le royaume de Sardaigne, l’usine devient manufacture royale. Duport l’agrandit, ajoute le tissage, la teinture, le blanchiment et l’impression des tissus. Pour avoir plus de force, il fait creuser un canal de dérivation sur la rive gauche, qui découpe une petite île juste après le pont de la rue de la République.
Puis vient la chute. En 1860, la Savoie devient française et l’usine perd son marché du Piémont. En 1864, elle ferme ses ateliers pour un temps : environ 2 000 ouvriers perdent leur travail, soit à peu près un habitant d’Annecy sur cinq. La famille Laeuffer la relance, sans retrouver l’âge d’or. La Manufacture ferme pour de bon en 1955.
Ce qu’on voit aujourd’hui : les bâtiments ont disparu. Sur la rive gauche, des immeubles colorés occupent l’emplacement de la filature. Le fil, lui, partait plus loin, jusqu’au tissage de Cran, ouvert en 1828-1829 sur la rive droite. Sa grande cheminée de brique se voit encore au bord du Thiou.
L’île Saint-Joseph, l’île du tee-shirt
Juste après le pont Saint-Joseph, quai des Clarisses, le Thiou se coupe en deux autour d’une île. C’est un petit parc aujourd’hui, avec des jeux pour enfants. Rien ne dit qu’on marche sur une ancienne île industrielle.
Au Moyen Âge, l’île porte des moulins et des battoirs. Au XIXe siècle, elle passe au textile. Et en 1896, Gustave Émile Haase et Paul Rau y ouvrent une bonneterie : des sous-vêtements en laine, en coton et en soie, tricotés sur des machines mues par le Thiou. Une centaine d’ouvriers au départ, jusqu’à 250 au plus fort.
En 1935, l’entreprise se présente comme le « seul fabricant de la chemise américaine ». Cette chemise, c’est l’ancêtre du tee-shirt, que les soldats américains rendront célèbre. Le tee-shirt, à Annecy, sur une île du Thiou : pas la première image qui vient en tête.
La Ville rachète tout le site en 1957. En 1973, les bâtiments industriels sont démolis et l’île devient un parc. C’est pour ça qu’on n’en voit plus rien : l’usine a laissé la place à la pelouse.
Régler la rivière, c’est régler le lac
Le Thiou a un pouvoir étonnant : il règle le niveau du lac. Tout ce qui sort du lac passe par lui. Ouvrir ou fermer ses vannes, c’est faire baisser ou monter toute la surface d’eau.
C’est l’ingénieur Sadi Carnot, futur président de la République, qui a mis au point ce système après le rattachement de la Savoie à la France en 1860. Ses vannes, construites à partir des années 1870, ont relevé le lac de vingt centimètres pour donner plus de force aux usines en aval. On raconte son travail dans l’article sur les canaux, et le réglage au jour le jour dans la régulation du niveau du lac.
Ce que vous pouvez observer : le niveau du lac se lit sous le pont de la Halle, près de la mairie. En temps normal, l’échelle indique entre 70 et 75 centimètres. Elle est montée à 112 centimètres en janvier 2018, et elle était descendue à 11 centimètres en 1947, le plus bas connu. Depuis 1998, une sonde électronique surveille l’eau et donne l’alerte si le niveau bouge de 6 centimètres en une heure.
En aval, l’autre Thiou
Passé le Pont-Neuf, avenue de Chambéry, le Thiou change de visage. Plus de façades colorées : des arbres, des passerelles, et partout des traces d’usines.
Les berges ont été rendues aux promeneurs à partir de la fin des années 1970 dans le centre, puis à Cran-Gevrier à partir de 1986. Les travaux ont duré de 1987 à 1993, et les propriétaires ont cédé gratuitement les terrains nécessaires. C’est grâce à eux qu’on peut aujourd’hui marcher au bord de l’eau, sur la promenade Louis-Lachenal.
Ce que vous croisez en descendant :
- La fromagerie Reignier, installée en 1919 sur la rive gauche, juste en aval du Pont-Neuf.
- Le pont du chemin de fer, un pont métallique qui traverse la rivière en biais. Les trains de voyageurs passent ici depuis 1866.
- L’Île aux Vannes, où travaillait une cartonnerie Aussedat. Un barrage barre encore le Thiou.
- La cheminée du tissage de Cran, qui sortait 2,5 millions de mètres de tissu par an.
- Les papeteries. Au début du XIXe siècle, Augustin Aussedat installe la sienne dans une ancienne fabrique de limes, au bord du Thiou. En 1813, elle produit déjà 2 350 rames de papier. La papeterie fermera en 2006.
- La turbine de Brassilly, récupérée d’une ancienne usine et exposée au bord de l’eau, avenue des Harmonies.
- Les Forges et fonderies de Cran, la dernière usine du Thiou avant le Fier, avec leur cascade.
C’est ici qu’on comprend la chute de 22 mètres. L’eau qui dormait sous les géraniums de la Vieille Ville gronde maintenant sur les seuils.
Suivre le Thiou à pied
Les guides-conférenciers de la Ville ont tracé deux parcours, libres et gratuits, qui se suivent.
- « Le Thiou à Annecy » : 1,6 kilomètre en 8 étapes, environ 1 h 30 avec les arrêts. Il part de l’emplacement de l’ancienne chocolaterie des Marquisats, fondée en 1896 par la famille Ruphy et démolie en 1971 (on en parle dans l’histoire des Marquisats). Puis il passe par les vannes, les moulins, les boucheries du pont et celles du XIXe siècle, la Manufacture et l’île Saint-Joseph. Il s’arrête à l’église Saint-Étienne du Pont-Neuf, dédiée à saint Étienne comme la toute première paroisse de Gevrier.
- « Le Thiou industriel » : 5,6 kilomètres en 7 étapes, du Pont-Neuf jusqu’aux passerelles de Cran. Fromagerie, abattoir, pont du chemin de fer, cartonnerie, tissage, papeteries et forges.
Les deux parcours ne sont pas balisés et se font dans un seul sens. Pour revenir de Cran, le bus Rythmo 1 s’arrête en face des Forges.
Vous préférez qu’on vous raconte la Vieille Ville en marchant ? Des visites guidées se réservent en ligne.
À savoir avant la balade le long du Thiou
- Prix moyen : gratuit, accès libre toute l’année.
- Durée : environ 1 h 30 pour le parcours de la Vieille Ville. Le parcours industriel ajoute 5,6 kilomètres jusqu’à Cran. Comptez une demi-journée pour tout faire.
- Meilleure période : toute l’année. En été, la partie de Cran-Gevrier, plus ombragée, reste agréable quand la Vieille Ville chauffe.
- Niveau physique : facile, presque plat.
- Avec enfants ? : oui. L’île Saint-Joseph a des jeux, et le parcours de la Vieille Ville est court.
- PMR et poussette : le parcours de la Vieille Ville est sur sol dur, praticable en poussette et en fauteuil avec aide. Le parcours industriel est un chemin de terre plat avec des passerelles, mais le passage sous la rocade et la traversée de la voie ferrée sont irréguliers et en pente : il n’est pas entièrement accessible en fauteuil.
- Chien accepté ? : oui. Sur la promenade, gardez-le en laisse.
- Toilettes ? : toilettes publiques au parking de l’Hôtel de Ville, au départ.
- Parking ? : parking de l’Hôtel de Ville, au bord de la Vieille Ville.
- Retour depuis Cran : bus Rythmo 1, arrêt en face des Forges, ou retour à pied par le même chemin.
Depuis Annecy : 9 minutes à pied depuis la gare. En bus : arrêt Hôtel de Ville.
Est-ce que la balade vaut le coup ?
- Pour les enfants ? Oui. Le parc de l’île Saint-Joseph fait une bonne pause, et l’histoire des bouchers qui jetaient tout à la rivière marche à tous les coups.
- Avec une poussette ? Oui dans la Vieille Ville. Vers Cran, le chemin de terre est plat, mais le passage sous la rocade et la traversée de la voie ferrée sont en pente.
- Combien ça coûte ? Rien.
- Quel est le meilleur moment ? Le matin pour la Vieille Ville, avant la foule. L’après-midi d’été pour la partie de Cran, à l’ombre.
- Y a-t-il beaucoup de monde ? Dans la Vieille Ville, oui, surtout du 14 juillet au 15 août. Passé le Pont-Neuf, beaucoup moins.
- Et si c’est plein ? Descendez le courant. La partie de Cran-Gevrier reste peu connue des visiteurs : on y marche au calme.
Une journée au fil du Thiou
- Le matin : commencez tôt au pont Perrière et au Palais de l’Île. Suivez le parcours de la Vieille Ville : passage de l’Évêché, salle Pierre Lamy, emplacement de la Manufacture, île Saint-Joseph. Fin au Pont-Neuf.
- Le midi : à Cran-Gevrier, Le Petit Thiou (passage Jacquard) est l’une des tables les mieux notées du secteur : 4,9/5 sur plus de 840 avis, cuisine bistronomique, comptez 30 à 70 € par personne. D’après les clients, la salle se remplit vite : mieux vaut réserver. Si vous préférez rester en Vieille Ville, La Table du Thiou, passage de l’Évêché, juste à côté de l’ancien pont des bouchers, a une tartiflette saluée par ses clients, pour 20 à 30 €.
- L’après-midi : reprenez le parcours industriel jusqu’aux Forges de Cran et leur cascade, puis rentrez en bus Rythmo 1.
- Plan B en cas de pluie : le Palais de l’Île et son centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, au départ de la balade. Pour aller plus loin le soir, l’Histoire d’Annecy de l’historien Paul Guichonnet raconte la ville que le Thiou a fait tourner.
Mon conseil AnnecyPocket : faites la balade dans le sens du courant. Ceux qui l’ont suivie jusqu’au bout le disent : la deuxième partie, vers Cran, est la moins connue, même des Annéciens, et c’est elle qui explique tout le reste. Arrêtez-vous sur un seuil, écoutez l’eau, et repensez à la carte postale du Palais de l’Île. C’est la même rivière.
Selon votre profil
- En famille : le parcours de la Vieille Ville, court et sur sol dur, avec les toilettes de l’Hôtel de Ville au départ et le parc de l’île Saint-Joseph à mi-chemin. Racontez aux enfants l’histoire des poissons des bouchers : ils chercheront les trous dans le pont.
- En couple : la partie de Cran-Gevrier, à l’ombre des arbres, loin de la foule, puis un déjeuner au Petit Thiou.
- Pour les passionnés d’histoire : les deux parcours à la suite, de la chocolaterie disparue aux Forges. Puis le Palais de l’Île pour relier ce que vous avez vu aux plans de la ville.
À proximité
- RestaurantLe Petit Thioupassage Jacquard, Cran-Gevrier
- RestaurantLa Table du Thioupassage de l Évêché, Vieille Ville
- Plan B pluiePalais de l'Îlecentre d'interprétation
- À voirÎle Saint-Josephparc et jeux, quai des Clarisses
- HébergementImpérial PalaceAnnecy, à 1,4 km à vol d’oiseau
Dormir près du Thiou
Carte proposée par Stay22 : en l’ouvrant, vous chargez ce service, qui peut déposer des cookies. Réservation sur le site du partenaire ; AnnecyPocket peut toucher une commission, sans surcoût pour vous.
Questions fréquentes des voyageurs
Combien mesure le Thiou ?
Environ 3,5 kilomètres. C’est la rivière qui vide le lac d’Annecy dans le Fier, à Cran-Gevrier.
D’où vient le nom du Thiou ?
Son origine est incertaine. Une piste le relie au nom germanique Theodulphus, une autre au latin tiola, la tuile, en lien avec le lieu-dit la Thiolière.
Où mesure-t-on le niveau du lac d’Annecy ?
Sur l’échelle placée sous le pont de la Halle, près de la mairie. En temps normal, elle indique entre 70 et 75 centimètres.
Que reste-t-il des anciennes usines du Thiou ?
À Annecy, presque rien : la Manufacture et la bonneterie de l’île Saint-Joseph ont été démolies. À Cran-Gevrier, on voit encore la cheminée du tissage, le barrage de l’Île aux Vannes et les Forges.
Peut-on se baigner dans le Thiou ?
Le Thiou n’est pas aménagé pour la baignade : son courant est réglé par des vannes. Pour nager, direction les plages du lac, toutes proches.
Pour aller plus loin
- Dans le même esprit : Le secret des vannes du Thiou
- Autour du Thiou : Le Palais de l’Isle
- Alternative : Le Thiou avant / le Thiou aujourd’hui
- Toute la rubrique : La Vieille Ville
Conclusion
Le Thiou à Annecy, ce n’est pas un ruban d’eau pour les photos. C’est une rivière de 3,5 kilomètres qui a nourri les meuniers, lavé les boucheries, fait tourner une manufacture, tricoté des tee-shirts et fabriqué du papier, avant de redevenir une promenade. La prochaine fois que vous la verrez couler sous le Palais de l’Île, suivez-la un peu plus loin.
Vous avez un souvenir du Thiou d’avant, une photo de la Manufacture ou des usines de Cran ? Écrivez-nous depuis la page contact.
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