Pont de la Caille : deux ponts au-dessus du vide, à 147 mètres des Usses

En un coup d’œil

À voir aujourd’huiLe pont suspendu Charles-Albert et ses tours crénelées · l’arche de béton du pont Caquot · les gorges des Usses, 147 m plus bas
À faire (gratuit)Regarder les deux ponts côte à côte · traverser à pied par le cheminement du pont Caquot pendant les travaux
L’histoire en une phraseUn pont suspendu de 1839 commandé par le roi Charles-Albert, doublé en 1928 par une arche de béton record
L’expérienceLe vertige au-dessus d’une gorge, deux siècles d’ingénierie côte à côte
Pour quiCurieux d’histoire, amateurs de ponts et de photo, promeneurs

À savoir avant de venir : le pont suspendu Charles-Albert est fermé depuis le 31 août 2026, pour environ deux ans de travaux. On peut toujours l’admirer, et traverser la gorge à pied par le pont routier voisin.

Sur la route d’Annecy à Genève, juste avant Cruseilles, la route passe d’un coup au-dessus du vide. À côté, un pont suspendu flanqué de tours crénelées, comme un château fort, enjambe la même gorge.

Ce sont les ponts de la Caille. L’un, suspendu, date de 1839. L’autre, en béton, de 1928. Deux époques, deux techniques, côte à côte au-dessus des Usses.

Avant les ponts : descendre et remonter la gorge

La rivière des Usses a creusé ici une gorge profonde, entre les communes d’Allonzier-la-Caille et de Cruseilles. Pendant des siècles, pour la franchir, il fallait descendre au fond et remonter. On passait par un vieux pont de pierre, dit romain, dont on peut encore voir des vestiges.

Au fond de la gorge se trouvaient aussi les bains de la Caille, une source connue dès l’Antiquité, aujourd’hui désaffectée, mais où l’eau jaillit toujours. Les routes romaines de la région sont racontées dans notre article sur les voies romaines.

1839 : le pont du roi Charles-Albert

Au XIXe siècle, la Savoie dépend du royaume de Piémont-Sardaigne. Son roi, Charles-Albert, commande un pont pour franchir la gorge d’un seul coup. C’est pourquoi le pont porte officiellement son nom : le pont Charles-Albert.

Construit sous la direction des ingénieurs Émile Belin et Paul-Léon Lehaître, il est inauguré le 11 juillet 1839. Il mesure 192 mètres de long et passe à 147 mètres au-dessus du torrent. Il est suspendu par deux groupes de douze câbles, accrochés à quatre tours crénelées. Le tablier est fait de madriers de bois.

Regardez les tours : avec leurs créneaux, elles donnent au pont l’allure d’une porte de château fort.

Le même roi Charles-Albert vient à Annecy en 1845, où une passerelle de bois est illuminée pour sa visite : l’ancêtre du pont des Amours.

Le premier accident, le Tour de France

En avril 1907, le pont voit son premier accident de voiture : une automobile venue de Genève percute un attelage de bœufs à la sortie de l’ouvrage, devant le café Duret. Un blessé grave est à déplorer.

Le 19 juillet 1919, le Tour de France l’emprunte, lors de l’étape Grenoble-Genève.

1928 : le pont Caquot, une arche record

Avec l’automobile, le pont suspendu ne suffit plus. Entre 1924 et 1928, l’ingénieur Albert Caquot construit juste à côté un second pont, en béton non armé. Son tablier repose sur une grande arche, qui fut à l’époque l’une des plus grandes voûtes du monde.

Petit paradoxe : il devait au départ porter une ligne de chemin de fer entre Annecy et Saint-Julien-en-Genevois. Le projet ferroviaire est abandonné, et le pont est ouvert aux voitures. C’est lui qui porte aujourd’hui la route départementale 1201.

Depuis, le pont Charles-Albert est réservé aux piétons et aux cyclistes. Il est inscrit aux monuments historiques depuis le 6 mai 1966.

Des travaux pour durer

Les deux ponts sont régulièrement entretenus. En 2007, les quatre tours du pont suspendu ont été restaurées. De 2009 à 2010, le pont Caquot a été entièrement refait, tablier et peinture, pour environ 5 millions d’euros.

Depuis fin août 2026, selon le Département de la Haute-Savoie, le pont Charles-Albert est fermé pour environ deux ans, le temps de travaux de réparation et de sécurisation. Un filet de sécurité doit ensuite être posé dessous.

Ce qu’il faut regarder

  1. Les deux ponts côte à côte. Le fil des câbles d’un côté, la courbe de l’arche de béton de l’autre : 1839 et 1928 dans le même regard.
  2. Les tours crénelées. Quatre tours décoratives, comme une porte de château.
  3. Les câbles. Deux groupes de douze câbles portent tout le pont suspendu.
  4. La gorge. 147 mètres plus bas, la rivière des Usses.

À savoir avant d’y aller

  • Prix moyen : gratuit.
  • Accès : au nord d’Annecy, sur la route de Genève (RD 1201), entre Allonzier-la-Caille et Cruseilles.
  • Travaux : le pont Charles-Albert est fermé depuis le 31 août 2026, pour environ deux ans. Pendant le chantier, les piétons passent par un cheminement aménagé sur le pont Caquot ; les cyclistes rejoignent la route. Vérifiez la situation sur le site du Département de la Haute-Savoie avant de venir.
  • Niveau physique : aucun effort particulier.
  • Avec enfants ? : oui, en tenant les plus petits près de soi : la hauteur est impressionnante.
  • Vertige ? À éviter si vous êtes sujet au vertige : on est à près de 150 mètres au-dessus de la rivière.

Depuis Annecy : Au nord d Annecy, sur la route de Genève.

Itinéraire depuis AnnecyDepuis ma position

Est-ce que ça vaut le coup ?

  • Pour les enfants ? Oui, pour le vertige et les « tours de château » du pont suspendu.
  • Combien ça coûte ? Rien.
  • Quel est le meilleur moment ? Par temps clair, pour voir le fond de la gorge et, au loin, le Salève.
  • Y a-t-il beaucoup de monde ? Le site est connu dans toute la région et fréquenté toute l’année, surtout l’été.
  • Et si c’est fermé ? Le pont suspendu se regarde très bien depuis le pont Caquot, ouvert aux piétons.

Une demi-journée au nord d’Annecy

  • Le matin : les ponts de la Caille, par temps clair.
  • Le midi : un pique-nique dans les environs de Cruseilles.
  • L’après-midi : retour vers Annecy, et le château de Montrottier ou les gorges du Fier, de l’autre côté de la ville.
  • Plan B en cas de pluie : le château de Montrottier et ses collections, à l’abri. Le soir, l’Histoire d’Annecy de l’historien Paul Guichonnet complète la journée.
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Mon conseil AnnecyPocket : traversez à pied par le pont Caquot, arrêtez-vous au milieu et tournez-vous vers le pont suspendu. Vous avez en face de vous 1839, et sous vos pieds 1928.

Selon votre profil

  • En famille : trois missions. Compter les tours crénelées (4). Trouver les câbles. Deviner la hauteur (147 m).
  • En couple : une halte sur la route de Genève, au soleil couchant.
  • Pour les passionnés d’histoire : gardez quatre dates en tête : 1839 (le pont Charles-Albert), 1928 (le pont Caquot), 1966 (l’inscription aux monuments historiques), 2026 (le début des grands travaux).

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Questions fréquentes des voyageurs

Le pont de la Caille est-il ouvert ?

Le pont suspendu Charles-Albert est fermé depuis le 31 août 2026, pour environ deux ans de travaux. Les piétons peuvent passer par le pont Caquot voisin.

Quelle est la hauteur du pont de la Caille ?

Le pont Charles-Albert passe à 147 mètres au-dessus de la rivière des Usses, pour 192 mètres de long.

Pourquoi y a-t-il deux ponts à la Caille ?

Le pont suspendu de 1839 ne suffisait plus à la circulation. Le pont Caquot, une arche de béton, a été construit à côté de 1924 à 1928 et porte aujourd’hui la route.

Pourquoi le pont de la Caille s’appelle-t-il pont Charles-Albert ?

Parce qu’il a été commandé par Charles-Albert, roi de Sardaigne, dont dépendait la Savoie, et inauguré le 11 juillet 1839.

Le pont de la Caille est-il un monument historique ?

Oui, le pont Charles-Albert est inscrit aux monuments historiques depuis le 6 mai 1966.

Pour aller plus loin

Conclusion

Les ponts de la Caille racontent en un seul coup d’œil deux siècles d’ingénierie : les câbles et les tours de 1839, voulus par un roi, puis l’arche de béton de 1928, pensée pour un train qui n’est jamais venu. Le pont suspendu se refait une santé jusqu’en 2028 environ. La prochaine fois que vous prendrez la route de Genève, levez les yeux en passant le pont Caquot : à côté de vous, c’est 1839.

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