Château de Montrottier : la forteresse des Menthon devenue cabinet de curiosités

En un coup d’œil

À voir aujourd’huiLe donjon rond de 35 m et ses 87 marches · la tour des Religieuses · les collections de Léon Marès (armures, faïences, objets d’Asie et d’Afrique)
À faire (payant)Visite du château et de ses collections · montée au sommet du donjon · chasse au trésor pour les enfants
L’histoire en une phraseUne forteresse médiévale des Menthon, devenue la maison d’un grand collectionneur, puis un musée
L’expérienceUn vrai château fort, puis un voyage dans un cabinet de curiosités
Pour quiFamilles, curieux d’histoire, amateurs d’objets d’art, visiteurs des gorges du Fier

À une dizaine de kilomètres d’Annecy, au-dessus des gorges du Fier, un donjon rond dépasse des arbres. C’est le château de Montrottier, à Lovagny.

On y vient pour le château fort, avec son donjon de 35 mètres. On en repart surtout étonné par ce qu’il contient : des armures de samouraïs, des faïences, des tapisseries, des objets venus d’Asie et d’Afrique. Le tout rassemblé par un collectionneur qui a légué le château à une académie savante.

Voici l’histoire de Montrottier, et ce qu’il ne faut pas manquer.

Un piton au-dessus du Fier

Le château est posé sur un piton rocheux, à 445 mètres d’altitude, entouré par l’ancien lit du Fier, qu’on appelle la Grande-Fosse. Au Moyen Âge, il surveille le passage de la rivière sur la route de Chambéry à Genève.

Les bâtiments datent pour l’essentiel du XIIIe au XVe siècle, avec des ajouts du XIXe et du XXe siècle.

1427 : le château des Menthon-Montrottier

Une famille de Montrottier est citée en 1263. En 1266, le château passe à la famille de Grésy. Le dernier de la lignée le donne en 1425 au duc Amédée VIII de Savoie, qui le revend deux ans plus tard.

Le 19 mars 1427, l’acheteur est Pierre de Menthon, bailli du Genevois et ambassadeur de Savoie, pour 9 000 florins. C’est la naissance de la branche des Menthon-Montrottier, cousins de la famille du château de Menthon-Saint-Bernard.

Pierre de Menthon fait construire l’essentiel de ce qu’on voit : le logis des Chevaliers, le logis des Comtes, et surtout le grand donjon rond. Il meurt au château le 31 mars 1455, des suites d’une blessure reçue lors d’un duel à Chambéry avec Jean de Compey.

La famille garde Montrottier jusqu’à la Révolution. Ses terres deviennent une baronnie en 1596, puis un comté en 1632.

Le donjon, 87 marches au-dessus du vide

C’est la pièce maîtresse du château. Construit après 1425, il mesure 35,6 mètres de haut, avec des murs de plus de 3 mètres d’épaisseur à la base. On y entre par une passerelle de bois, depuis le premier étage du logis des Comtes, à 4 mètres du sol : une précaution défensive.

Un escalier de 87 marches mène au sommet, avec une vue sur la campagne et, au loin, les montagnes du lac d’Annecy. Regardez la couronne : des mâchicoulis sur des corbeaux, et trois merlons percés d’ouvertures pour les armes à feu, tournés vers la route.

Approchez-vous aussi des murs : ils sont faits de cailloux roulés, de briques et de moellons de tuf, une pierre poreuse et légère.

La tour des Religieuses, la plus ancienne

À l’angle sud-ouest, la tour des Religieuses est la partie la plus ancienne du château, du XIIIe ou du XIVe siècle. Un détail : ses poutres ne sont pas encastrées dans les murs, mais posées sur des corbeaux de pierre, pour laisser circuler l’air et pouvoir les changer facilement. Ses créneaux, eux, n’ont pas tous la même taille.

De la Révolution au collectionneur

En 1796, le château est vendu comme bien national. Il passe à la famille Dufour, puis, en 1839, au baron Jules de Rochette, dont l’épouse remanie le logis des Comtes et fait construire un escalier d’honneur. C’est aussi à cette époque que sont aménagés les terrasses et trois jardins en étages.

En 1876, il est acheté par Victor Frèrejean, maître de forges lyonnais. Puis, en 1906, il revient à Léon Marès, l’un des derniers grands collectionneurs de la fin du XIXe siècle.

Léon Marès et son cabinet de curiosités

Léon Marès remplit le château d’objets venus du monde entier : armes et armures, faïences, porcelaines, verreries, tapisseries des Flandres, meubles d’époque, dentelles, et des objets rares d’Extrême-Orient et d’Afrique. Le site du château met en avant les armures de samouraïs.

Parmi les pièces citées, quatre bas-reliefs en bronze de la Renaissance allemande, attribués aux fondeurs de Nuremberg Peter et Hans Vischer, des tapisseries de Bruxelles d’époque Louis XV représentant des scènes de chasse, des Pietà en bois polychrome du XVe siècle, et même un tableau montrant l’église Notre-Dame-de-Liesse d’Annecy à l’époque de la Révolution.

Léon Marès meurt au château le 14 août 1916. Il lègue le château et le domaine à l’Académie florimontane, la société savante d’Annecy, fondée au début du XVIIe siècle, et dont l’histoire passe par la rue Sainte-Claire. L’Académie prend possession du domaine en 1919 et l’ouvre au public.

Les collections portent l’appellation « musée de France » depuis 2003, selon Wikipédia. Le donjon, le logis des Chevaliers et la tour des Religieuses sont classés monuments historiques depuis le 1er septembre 1919.

Ce qu’il faut regarder

  1. Le donjon. Montez les 87 marches pour la vue, et regardez les mâchicoulis en redescendant.
  2. L’entrée du donjon à 4 mètres du sol. Le genre de détail qui raconte comment on se défendait.
  3. Les poutres de la tour des Religieuses. Posées sur des corbeaux, pas encastrées.
  4. Les armures. Dont les armures de samouraïs, inattendues dans un château savoyard.
  5. Les armoiries des Menthon-Montrottier. Le drapeau qui flotte sur le château les reprend.

À savoir avant d’y aller

  • Période d’ouverture : selon le site du château, du 1er avril au 31 octobre (saison 2026). Réservation en ligne conseillée.
  • Prix moyen : visite payante ; consultez la billetterie du château.
  • Adresse : 60 allée du Château, 74330 Lovagny, à une dizaine de kilomètres d’Annecy.
  • Niveau physique : des escaliers, dont les 87 marches du donjon.
  • Avec enfants ? : oui, avec la chasse au trésor proposée par le château.
  • PMR, poussette ? : château fort, avec beaucoup d’escaliers : renseignez-vous avant de venir.
  • À côté : les gorges du Fier, toutes proches.
  • Contact : 04 50 46 23 02.

Depuis Annecy : Environ 10 km à l ouest d Annecy.

Itinéraire depuis AnnecyDepuis ma position

Est-ce que ça vaut le coup ?

  • Pour les enfants ? Oui. Un vrai donjon à gravir, des armures, une chasse au trésor.
  • Combien ça coûte ? Une entrée payante ; le tarif du jour est sur la billetterie du château.
  • Quel est le meilleur moment ? Le matin, puis les gorges du Fier l’après-midi.
  • Y a-t-il beaucoup de monde ? En été, réservez en ligne pour gagner du temps.
  • Et si c’est plein ? Commencez par les gorges du Fier, juste à côté.

Une journée entre Montrottier et les gorges du Fier

  • Le matin : le château, le donjon et les collections.
  • Le midi : un pique-nique dans la campagne de Lovagny.
  • L’après-midi : les gorges du Fier, toutes proches.
  • Plan B en cas de pluie : le château et ses collections, presque entièrement à l’intérieur. Le soir, l’Histoire d’Annecy de l’historien Paul Guichonnet complète la journée.
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Vous préférez une visite guidée autour d’Annecy ? Des visites se réservent en ligne.

Mon conseil AnnecyPocket : montez au donjon en premier, avant la foule, puis prenez votre temps dans les collections. Et avant de partir, cherchez le tableau de Notre-Dame-de-Liesse : un morceau d’Annecy révolutionnaire caché dans un château de campagne.

Selon votre profil

  • En famille : trois missions. Compter les 87 marches du donjon. Trouver une armure de samouraï. Repérer le drapeau aux armes des Menthon.
  • En couple : le château le matin, les gorges du Fier l’après-midi.
  • Pour les passionnés d’histoire : gardez cinq dates en tête : 1427 (l’achat par Pierre de Menthon), 1455 (sa mort après un duel), 1796 (bien national), 1916 (le legs de Léon Marès), 1919 (l’ouverture par l’Académie florimontane).

À proximité

Dormir près du château de Montrottier

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Questions fréquentes des voyageurs

Le château de Montrottier se visite-t-il ?

Oui, selon son site, d’avril à octobre. La visite comprend le château, le donjon et les collections de Léon Marès.

Qui possède le château de Montrottier ?

L’Académie florimontane, la société savante d’Annecy, à qui Léon Marès l’a légué à sa mort en 1916.

Combien de marches compte le donjon de Montrottier ?

87 marches, pour un donjon de 35,6 mètres de haut, construit après 1425.

Que voit-on dans les collections du château de Montrottier ?

Des armes et armures, dont des armures de samouraïs, des faïences, des tapisseries, des meubles et des objets d’Asie et d’Afrique.

Où se trouve le château de Montrottier ?

À Lovagny, à une dizaine de kilomètres à l’ouest d’Annecy, tout près des gorges du Fier.

Pour aller plus loin

Conclusion

Montrottier a deux vies. Celle d’une forteresse des Menthon, bâtie pour surveiller le Fier, avec son donjon de 35 mètres. Et celle d’une maison de collectionneur, remplie d’objets venus du monde entier, puis offerte au public par un legs. La prochaine fois que vous verrez son donjon dépasser des arbres, pensez aux armures de samouraïs qui attendent à l’intérieur.

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